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Missions / Coopération

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Catherine Suard, Conseillère de coopération et d’action culturelle, directrice de l’IFA.


La politique de coopération et d’action culturelle française en Grèce est conçue comme un instrument d’influence globale au service de la stratégie de l’Ambassade.

Elle est incarnée dans un Centre culturel et de coopération – CCC, « Institut Français d’Athènes », qui conjugue dans un Etablissement à autonomie financière (EAF) les attributs d’un Service de coopération et d’action culturelle (SCAC) et d’un Centre culturel.

Son objectif stratégique est de faire en sorte que dans dix ans (et au delà), les élites intellectuelles, politiques, administratives, créatives, voire économiques de Grèce, continuent, comme aujourd’hui, de se référer à la France comme source d’inspiration, porteuse de valeurs, pôle d’excellence intellectuel et scientifique, moteur et point de repère dans l’évolution du monde.

A cette fin, elle cible les « jeunes » (15-35 ans) et se décline selon trois axes :

 

« Jeunesse et francophonie »

Il s’agit avant tout d’attirer et de satisfaire le public-cible en offrant les prestations attendues, notamment en termes de formation :

-à la langue française par une diversification des cours vers le français « utile » à vocation professionnelle et sur objectifs spécifiques. Cet axe mettra en valeur le développement des formations à distance et en ligne, la promotion des certifications de langue,

-dans un environnement francophone sur place : développement du Lycée franco-hellénique Eugène Delacroix, appui aux établissements d’enseignement du réseau partenaires « Oui je parle français », nouvelles offres de formations supérieures au sein du SCAC/IFA,

-dans le cadre d’une mobilité vers la France : attractivité de l’offre, information et orientation quant aux formations supérieures en France (espace et salon Campusfrance ; programme Bourses Vrika).

 

« Savoirs et société »

L’objectif est ici de placer la France au cœur des échanges intellectuels et scientifiques ainsi que des enjeux de société en Grèce, en favorisant les perspectives communes notamment dans le cadre européen, en s’appuyant sur :

- les partenariats universitaires (dont les masters conjoints) et scientifiques (relance du programme PHC Platon) tout en favorisant les thématiques innovantes (sciences du vivant…) et les démarches en réseaux (pôles de compétitivité, clusters, espace balkanique et méditerranéen…),

- la promotion, au delà des milieux académiques, des contributions des scientifiques français à l’évolution des sciences et de leur impact sur la société (expositions, conférences et coopérations avec la Cité de la science et de l’industrie de La Villette, le Mégaron et les autres grandes fondations grecques (Goulandri, Evguenidou…),

- le débat d’idées (conférences, séminaires et colloques, présentation d’ouvrages) associant universitaires, journalistes, « think tanks », associations et fondations, écrivains et éditeurs, pour valoriser la proximité des approches françaises et helléniques s’agissant d’Europe ou de francophonie, ainsi que nos interrogations communes sur les sujets d’actualité, crise économique, environnement, migrations…

- la démultiplication et l’ancrage de notre coopération auprès des partenaires locaux et de la société civile, en s’appuyant notamment sur nos relais en province et en soutenant leurs initiatives à partir de 2010 par un fonds d’intervention sur projets.

 

« Culture et image »

L’action artistique, la coopération audiovisuelle et les musiques actuelles sont des atouts majeurs pour notre influence en Grèce car elles contribuent fortement au renouvellement de notre image auprès des jeunes générations, illustrent la diversité culturelle et s’inscrivent dans des partenariats professionnels forts.

Ce sont ces partenaires, toujours demandeurs de France et de francophonie, qui nourrissent l’essentiel de la relation culturelle franco-hellénique, qu’il s’agisse de projets de prestige (Louvre, Petit Palais, Musée Bourdelle/Pinacothèque nationale, Musée Rodin/Fondation Théocharakis, etc.) ou de la programmation des grandes institutions (Mégaron, Scène lyrique) et des festivals (Hellénique, Epidaure, Kalamata).

Dès lors, l’important pour ce poste est d’accompagner ces manifestations pour valoriser la contribution française et en retirer le maximum de visibilité.

Au delà, il importe de mener une action plus volontariste qui repose sur quelques manifestations d’envergure (« Méditerranée à la carte », Astérix) et en valorisant des artistes contemporains français reconnus (Yann Arthus-Bertrand, Pierre et Gilles).

De ce point de vue, le 10e Festival du Film Francophone de Grèce a acquis en 2009 une notoriété remarquable tant par sa qualité que par son succès populaire (25 000 entrées), ce qui correspond pleinement à la priorité affichée par le Ministère français des Affaires étrangères et européennes de promotion des industries culturelles.

L’impact de ces manifestations repose également sur le travail qu’entend poursuivre ce poste d’accueil dans ses murs de jeunes talents et de coopération avec des milieux professionnels.

Cette dynamique externe doit s’accompagner d’une exigence interne : consolider l’autofinancement de l’IFA, développer sa capacité d’accueil, en faire une plateforme multi-services, le rendre attractif.

C’est le sens des efforts récemment entrepris de restructuration et de rationalisation, de modernisation et de développement des nouvelles technologies, notamment dans le domaine de la formation, ce qui, au regard de la vétusté des installations et des pratiques professionnelles existantes, a nécessité d’importants investissements tant en termes financiers que de management.

Etape cruciale à franchir pour la réussite de cette stratégie et élément déterminant pour la dynamique interne : offrir en Grèce une perspective complète et intégrée de formation en français et de débouchés professionnels aux jeunes Grecs.

Le SCAC/IFA bénéficie d’une reconnaissance et d’atouts qui placent actuellement la France en bonne position par rapport à ses principaux concurrents :

- Sur le secteur éducatif : le français est la seconde langue étrangère la plus pratiquée avec 250 à 300 000 apprenants, derrière l’anglais qui bénéficie du statut de langue 1 obligatoire. Une grande majorité d’écoliers et lycéens font le choix du français pour seconde langue vivante, choix conforté depuis l’introduction d’une deuxième langue obligatoire au choix dans les écoles primaires à partir de la 5e (équivalent de CM2).

- 9 écoles franco-helléniques (7 à Athènes, 2 en province) scolarisent environ 6 000 élèves.

- Plus de 40 000 élèves se présentent aux examens du ministère de l’Education nationale et de la Sorbonne par an, ce qui place la Grèce au 1er rang de certifications françaises dans le monde.

- Sur le secteur universitaire : avec environ 2 000 étudiants grecs qui y poursuivent leurs études supérieures, la France occupe le 3e rang en Europe, loin derrière la Grande Bretagne (16 500), presque à égalité avec l’Allemagne, qui en accueille plus de 6 500, mais dont les 2/3 sont des enfants de travailleurs immigrés installés en Allemagne. Ce chiffre a tendance à se stabiliser ces dernières années. Dans le cadre de la mobilité via le programme Erasmus, la France reste la première destination des étudiants grecs. Avec ses 8 masters communs franco-helléniques et son programme de bourses co-financées (une vingtaine en 2009), la France fait figure de pionnière.

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