Athens Photo Festival 16 - APHF 16

athens_photofest[mis/dis]placed

10.06-31.07.2016 | Musée Benaki - Bâtiment rue Pireos

Alors que les récits à l’échelle nationale mais aussi internationale portent sur les changements brutaux de notre quotidien, la thématique de cette année intitulée [mis/dis]placed s’ordonne autour des perceptions et des pratiques qui conditionnent la constitution de la conscience collec-tive et la perception individuelle de notre époque en lien avec les notions d’espace, de lieu, et de mémoire.

Kids Nike Air Max

Avec comme point de départ le Musée Benaki, les expositions s’étendront sur d’autres espaces du centre urbain d’Athènes ainsi que dans des lieux virtuels sur Internet, tout en croisant des oeuvres photographiques, des vidéos, des archives, et des livres photographiques.

Julien Lombardi | L’Inachevé

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, l’Arménie transite entre deux états. Un nouveau modèle se façonne mais il est impossible de l’identifier tant sa forme est mouvante. Deux décennies se sont écoulées et le pays évolue toujours en marge, selon ses propres règles, dans sa propre temporalité.
Comme le territoire qui les inspire, les photographies sont dans l’attente d’un développement et suggèrent que l’inachevé est le théâtre d’une multitude de possibles. Cet ensemble d’images - réalisé au cours des trois dernières années - constitue les archives factices d’une mémoire en train de se construire.
www.julienlombardi.com

Yoann Cimier | Nomad's Land

En Tunisie, en marge des plages privées des Resort Hotels, la population locale investit chaque été les plages publiques, improvisant le temps d’une journée un habitat éphémère, une micro-architecture en connexion avec la nature. Camping sauvage, abri vernaculaire ou expression de la tradition bédouine, ces bulles nomades ancrées dans le sable illustrent autant de solutions mises en oeuvre pour profiter pleinement des plaisirs de la plage.
Horizontalité, verticalité, angulation, courbure, continuité, discontinuité, superposition, dissociation de l’espace construit… Derrière l’apparente simplicité des formes, la combinaison et la juxtaposition de ces éléments constituent des rapports de causalités complexes : les données économiques, sociales et culturelles déterminent ici la réponse architecturale.

Dans un environnement livré à ceux qui le défigurent, les tunisiens érigent spontanément une architecture du bonheur, apaisante et poétique, qui contraste avec l’hégémonie des hôtels étoilés où luxe et confort ne sont souvent que promesses de bonheur. Expression formelle de la relation mythique et spirituelle des tunisiens avec leur environnement, cette micro-architecture nomade a pour vertu de nous montrer la possibilité de recréer, à échelle humaine, un petit paradis sur terre.
www.yoanncimier.com

Carlos Ayesta - Guillaume Bression | No Go Zone

Les plus de 100 000 habitants évacués des alentours de la centrale nucléaire de Fukushima ont tous un jour eu cette tentation : revenir voir leur maison, leur école ou leur commerce. Et tous ont eu du mal à reconnaître ces lieux familiers devenus hostiles. Les années d’absence, les rongeurs mais aussi les effets du séisme et du tsunami du 11 mars ont laissé des traces.

Dans cette nouvelle série, nous avons voulu  souligner ce choc violent perçu par les habitants à leur retour. Nous avons demandé à d’anciens residents  – parfois les propriétaires des lieux – de revenir dans leur commerce ou leur école, de pousser les portes de ces lieux autrefois banals. Nous avons aussi demandé à certains habitants de la region de Fukushima de se rendre avec nous dans cette zone devenue interdite. Une façon pour eux d’avoir un regard direct sur les consequences de cette catastrophe. Face à l’objectif, ils sont pourtant tous tenus de faire « comme si de rien était » et de se comporter normalement. L’étrange et la banalité se mêlent dans des photographies quasi-surnaturelles et pourtant plausibles, résultat d’une catastrophe nucléaire historique.  
www.fukushima-nogozone.com/

Laurent Kronental | Souvenir d’un futur

Souvenir d’un Futur est une série de photo d’architecture du photographe français Laurent Kronental témoignant de la vie des seniors dans les grands ensembles de la banlieue parisienne.
Ces quartiers furent construits pendant les Trente Glorieuses (1946 – 1975)afin d’absorber l’accroissement démographique. Au fil des ans, ces banlieues ont de plus en plus souffert d’une opinion souvent négative.

Pendant 4 ans, le photographe a rencontré ceux qui s’y sont installés lors de la construction de ces bâtiments et qui, pour lui, représentent la mémoire des lieux. Dans cette série, le photographe met face à face les bâtiments et leurs plus anciens habitants dans des photos aussi belles que touchantes. Il pose son objectif sur ces bâtiments à la fois symboles d’un modernisme futuriste mais aussi définitivement surannés.
www.laurentkronental.com/